Printemps en Conflent : la vigne se réveille au Mas Llossanes
Avril est un mois de vigilance et de promesses. Sur nos coteaux en altitude, le réveil de la vigne est à la fois lent, fragile… et bouleversant.
Le débourrement : l'heure de tous les espoirs
Avril arrive et avec lui, au cœur du printemps en Conflent, le moment le plus délicat du cycle vitivinicole. C'est le débourrement. Les bourgeons pointent, tendres et vulnérables, au bout des sarments encore endormis. Pour le vigneron, cette période est un équilibre permanent entre émerveillement et tension. Une gelée tardive — une seule nuit sous zéro — suffit à compromettre des mois de travail.
Ces bourgeons qui percent, on les guette chaque matin. On lit le ciel, on consulte les prévisions météo plusieurs fois par jour. On observe la couleur du vent sur les crêtes du Canigou. Toute l'expérience du vigneron se concentre dans ce regard porté sur quelques millimètres de vert tendre. C'est à la fois humble et immense.
L'altitude, alliée et exigeante
Sur nos parcelles du Conflent, l'altitude joue un rôle ambivalent. Elle ralentit le cycle végétatif, décalant le débourrement de quelques précieuses semaines par rapport aux vignes de plaine. Cette lenteur est une forme de protection naturelle contre les gelées de mars. Mais dès qu'avril avance, la vigilance ne s'éteint jamais vraiment — la météo reste la patronne.
Au Mas Llossanes, ce décalage phénologique est aussi une richesse aromatique. Les nuits fraîches qui persistent jusqu'en mai ralentissent la maturation. Elles permettent aux raisins de développer une complexité et une finesse remarquables. Les vignobles de plaine obtiennent rarement cette expression. L'acidité naturelle reste vive, les arômes se construisent lentement, avec patience. C'est exactement comme nous aimons travailler.
Le Conflent est l'une des vallées les moins connues des amateurs de vin du Roussillon. C'est pourtant l'une des plus singulières. Encadrée par le Canigou et les contreforts des Pyrénées, elle bénéficie d'un ensoleillement exceptionnel. Celui-ci est tempéré par des vents d'altitude et des nuits fraîches. C'est un terroir de contrastes qui se lit directement dans le verre.
Un coteau qui respire
Au-delà de la vigne, c'est tout le domaine qui se réveille en ce mois d'avril. La biodiversité reprend ses droits avec une générosité qui ne manque jamais de nous toucher.
Ces signaux discrets nous rappellent pourquoi nous travaillons la vigne comme nous le faisons. Nous intervenons le moins possible pour que cet équilibre vivant s'exprime pleinement dans nos vins. Les herbes folles entre les rangs ne sont pas des ennemies. Elles aèrent le sol, fixent l'azote, attirent les prédateurs naturels des ravageurs. On apprend à les lire comme on lit la vigne elle-même.
En avril, deux visiteurs fidèles font leur retour sur les parcelles, signes que l'équilibre écologique du domaine est bien réel :
🐦Le Pipit rousseline (Anthus campestris)
Discret et vif, il se promène souvent au ras du sol, près des bâtiments ou le long des rangs de vigne. Sa présence témoigne d'un milieu ouvert et peu perturbé — exactement ce que nous cherchons à préserver.
🦜La Huppe fasciée (Upupa epops)
Impossible à manquer avec sa crête orangée déployée et son cri caractéristique. Elle affectionne les sols meubles et riches en insectes — typiques de nos vignes conduites en biodynamie. La voir fouiller la terre entre les ceps, c'est un peu une validation de notre façon de travailler.
Le travail de la vigne au mois d'avril
Pendant que la vigne se réveille, les vignerons sont loin d'être inactifs. Avril est le mois des premiers relevages, des ébourgeonnages sélectifs, des épamprages. Il faut choisir quels bourgeons garder, lesquels sacrifier, pour orienter la sève vers les bras qui porteront la prochaine récolte.
C'est un travail manuel, répétitif, exigeant — et profondément satisfaisant. Chaque geste est une décision qui se lira dans le vin de l'année suivante. On ne peut pas tricher avec la vigne : elle enregistre tout, les soins comme les négligences.
C'est aussi la période où l'on traite de façon préventive contre les premières maladies cryptogamiques. Le mildiou et l'oïdium sont en tête. Sur nos parcelles, nous privilégions les préparations à base de cuivre et de soufre. Cela se fait dans le respect du cahier des charges que nous nous sommes fixé. Moins mais mieux : c'est notre philosophie.
Le vin de ce renouveau
Il existe un vin qui, à nos yeux, incarne parfaitement cet élan printanier. Vif, lumineux, ancré dans le terroir du Conflent :
🍷Au Dolmen - IGP Côtes Catalanes
Fraîche et lumineuse, Au Dolmen porte en elle l'énergie des premiers beaux jours. Sa robe rubis claire et ses arômes de fruits rouges croquants l'accompagnent. Ils en font la compagne idéale des tablées en terrasse. On l'ouvre dès les premiers rayons du soleil de Conflent. En bouche, la matière est souple, les tanins tendres. La finale porte cette légèreté minérale que l'on reconnaît aux vins d'altitude.
Au Dolmen tire son nom d'un monument mégalithique visible depuis nos parcelles. C'est le vestige d'une présence humaine sur ces terres, bien avant la vigne. Il nous plaît de penser que ce vin porte quelque chose de cette mémoire. On y trouve un ancrage dans le sol, une profondeur tranquille sous la fraîcheur apparente.
À servir légèrement frais, autour de 15 °C, avec une charcuterie artisanale du Roussillon. Il accompagne aussi un plateau de fromages de brebis des Pyrénées. On peut le choisir simplement pour le plaisir d'un verre au coucher du soleil sur les coteaux. Le printemps mérite d'être fêté.
Venez vivre le printemps en Conflent avec nous
Si vous souhaitez découvrir Mas Llossanes autrement qu'à travers un écran, avril est un moment idéal pour venir nous voir. C'est l'un des plus beaux moments pour une visite. La vigne est en mouvement, le paysage se transforme de semaine en semaine. Nous sommes toujours heureux de partager ces instants avec ceux qui aiment comprendre leur vin. Ils souhaitent savoir d'où vient chaque bouteille.
N'hésitez pas à nous contacter pour organiser une visite ou pour commander nos cuvées. Nous expédions dans toute la France et proposons également des ventes directes au domaine.
Le printemps n'attend pas — et la vigne non plus.
À bientôt sur les chemins du Mas llossanes




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